Un sondage révèle une acceptation politique croissante en faveur d’une taxe sur les carburants

L’analyse des questions d’enquête remplies par les politiciens suisses en 2015 et 2019 montre un changement d’attitude marqué à l’égard de l’introduction d’une taxe carbone sur les carburants.

Le lien externe de la plateforme en ligne Smartvote pose aux politiciens diverses questions d’attitude afin d’aider les électeurs à prendre une décision en vue des élections nationales.

L’analyse des données les plus récentes du radiodiffuseur public suisse RTS montre que la position de nombreux politiciens – en particulier ceux des partis centristes – sur l’extension de la loi sur le CO2 aux émissions de carburant a considérablement changé depuis les élections de 2015.

Un peu plus de la moitié de tous les politiciens interrogés il y a quatre ans étaient contre l’introduction d’une telle nouvelle taxe, alors qu’en 2019, 63 % des mêmes personnes se disaient en faveur.

Comme on pouvait s’y attendre, les hommes politiques de gauche des Verts et des Verts libéraux sont restés unanimes en faveur d’une telle mesure ; les hommes politiques de droite du Parti populaire suisse sont restés contre.

Le grand changement s’est plutôt produit vers le milieu. En 2015, les parlementaires des chrétiens-démocrates, des libéraux radicaux et des conservateurs démocrates étaient à 75 % contre la taxation des émissions de carburant ; quatre ans plus tard, ils sont un peu moins de 75 % en faveur.
Opportunisme ?

Ce changement reflète les préoccupations politiques et sociétales actuelles concernant le changement climatique, illustrées par les marches d’étudiants en Suisse, dont la dernière en date a rassemblé 2500 personnes à Lausanne vendredi.

Et alors que les militants se réjouissent de voir le pendule s’orienter vers eux, les opposants affirment que ce changement équivaut à de l’opportunisme politique (voir le logo électoral du Parti populaire de 2019, ci-dessous).

Le radical-libéral Philippe Nantermod, l’un des hommes politiques qui a changé de position depuis 2015, a admis à la RTS qu’il y avait un certain opportunisme.

« Mais nous devons aussi admettre que les temps changent, que les opinions changent, que les attentes changent, a-t-il dit. « Nous devons donner des réponses, tout en restant fidèles à nos valeurs. »

En décembre 2017, le gouvernement suisse a adopté des révisions à la Loi fédérale sur la réduction des émissions de CO2 (Loi sur le CO2) pour l’aider à tenir ses engagements dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat. Mais, en décembre 2018, la Chambre des représentants a rejeté la proposition après que les partis conservateurs de droite ont affaibli les révisions, notamment en supprimant un objectif national d’émissions de CO2.

La loi actuelle sur le CO2 prévoit une taxe spécifique sur le pétrole et le gaz naturel, tandis que le carburant des véhicules en est exempté.