L’escalade de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine a pour effet de rendre le franc suisse plus attrayant pour les investisseurs et d’inciter la Banque nationale suisse (BNS) à se porter à la défense de la monnaie refuge.

Pendant une grande partie du mois de juillet, un euro a acheté au moins CHF 1.10. Mais le franc s’est renforcé le mois dernier, s’échangeant autour de CHF 1,09 contre la monnaie unique ces deux derniers jours.

Plusieurs économistes, dont Janwillem Acket de la banque Julius Bär, estiment que les marchés ont été effrayés par la montée en puissance du conflit commercial entre la Chine et les États-Unis. Lundi, les tensions ont été exacerbées d’un cran par la Chine, ce qui a permis au renminbi de s’affaiblir face au dollar américain.

Toutefois, le raffermissement du franc est une mauvaise nouvelle pour les exportateurs suisses et l’industrie touristique nationale, qui a récemment montré quelques signes positifs.

Selon Acket, le secteur manufacturier suisse est déjà entré en récession, ce qui a incité la BNS à intervenir sur les marchés des changes en vendant des francs pour acheter d’autres devises, des obligations et des placements.

Bien que la BNS ne parle pas en détail de ses interventions, l’un des indicateurs est le nombre de banques commerciales de liquidités qui s’y trouvent. Ce stock a augmenté de 3% à 583 milliards de francs (597 milliards de dollars) à la fin juillet, ce qui indique clairement que la BNS est à l’œuvre.

Un autre mécanisme de défense consiste pour la BNS à rendre le franc moins attractif en abaissant les taux d’intérêt. Et bien que ceux-ci soient en territoire négatif à -0,75 % depuis un certain temps déjà, les États-Unis ont baissé les taux d’intérêt la semaine dernière et la Banque centrale européenne a laissé entendre qu’elle adopterait la même approche le mois prochain.

Acket estime que la BNS sera obligée d’agir de la même manière, voire de baisser les taux à -1% si le taux de change euro-franc tombe en dessous de CHF 1,06.

En Suisse, les banques commerciales ont à leur tour commencé à répercuter les taux d’intérêt négatifs sur les entreprises clientes. Le plus grand gestionnaire de fortune de Suisse, UBS, serait sur le point d’imposer des taux négatifs aux clients ultra-riches à partir de l’année prochaine.

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